Littérature française

Quatre soeurs : Enid — Malika Ferdjoukh

Édition : L’école des loisirs
Date : 2033
Pages : 139

Amazon

Enid doit faire dix-sept pas de l’abribus jusqu’à l’impasse de l’Atlantique qui mène à sa maison, la Vill’Hervé. Un de moins que l’automne dernier. La preuve que ses jambes allongent, donc qu’elle a grandi.

N’empêche qu’elle est toujours la plus petite des cinq soeurs Verdelaine. Personne ne la croit quand elle dit qu’elle a entendu un fantôme hurler dans le parc et faire de la musique. Ni Charlie, trop occupée à réparer Madame Chaudière pour l’hiver et à arrêter de fumer pour faire des économies. Ni Bettina et ses copines Denise et Béhotéguy, dites DBB (la Division Bête et Bouchée), concentrées sur leur nombril. Ni Geneviève, mobilisée par son propre secret très difficile à préserver. Ni Hortense, plongée dans la rédaction de son journal intime. Ni Tante Lucrèce qui n’écoute qu’Engelbert Humperdinck, son crooner préféré. Ses parents la croiraient peut-être, mais ils sont morts depuis dix-neuf mois et vingt-deux jours. Swift, sa chauve-souris, l’écouterait sûrement, mais elle a disparu dans la tempête, la nuit où le vieux sycomore du parc s’est mis à faire le poirier au fond du puits.

Il faut qu’Enid se résigne : « Convaincre les grands, c’est comme vouloir qu’un chewing-gum mâchouillé une heure conserve son goût du début ».

La série Quatre soeurs est sûrement l’oeuvre la plus connue de Malika Ferdjoukh. Elle se divise en 4 tomes : Enid, Hortense, Bettina, Geneviève, par ordre d’âge. Charlie, l’aînée, figure dans les divers tomes, mais aucun ne lui est explicitement consacré. Dans ce premier opus, nous découvrons donc la famille Verdelaine et plus particulièrement Enid, la petite dernière âgée de 9 ans et demi, qui croit aux fantômes et voue une passion sans bornes à ses animaux préférés : Swift la pipistrelle, Blitz l’écureuil, Roberto et Ingrid les deux chats qui prennent un malin plaisir à venir se glisser dans sa chambre le soir. La vie de cette grande famille est difficile : la Vill’Hervé tombe à moitié en ruine, la chaudière fait des siennes et le salaire de Charlotte ne permet pas de faire les travaux nécessaires. Leur Tante Lucrèce leur donne bien un chèque le 2 du mois, mais cela est grandement insuffisant. La maison demeure toutefois pleine de vie.

L’atout majeur de ce roman, ce sont les personnages. L’histoire en elle-même a quelque chose d’original et de fantastique et est sublimée par ces soeurs ayant chacun leur personnalité propre. Ce sont des tranches de vie, des événements de la vie de tous les jours : une fête d’Halloween, une tempête, l’arrivée d’une certaine Colombe pour une semaine, etc. Pourtant, Malika Ferdjoukh parvient à faire de ces petits riens de grandes choses. La petite Enid a une imagination très fertile, son comportement est celui d’une fillette aventureuse, mais pas désagréable. Hortense, elle, est plus renfermée, un peu rêveuse et on la sent coincée au milieu de ses soeurs. Bettina est une véritable peste, qui aime se moquer et qui supporte difficilement la concurrence. Geneviève est la plus douce de toutes, très secrète et très maternelle aussi. Charlie — Charlotte — est le pilier de la famille ; elle doit se montrer forte et déterminée, entretient la maison et en même temps profite des moments passés avec Basile, docteur et amoureux transi.

Le style de l’auteure est remarquable, tout en poésie. J’ai réellement été transportée par les mots de Malika Ferdjoukh, je me sentais proche de cette famille, comme si je pouvais tout voir, tout observer, petite souris faufilée dans la maison. Elle décrit les choses avec beaucoup d’humour, mais en même temps beaucoup de justesse et de sérieux. Les personnages ne sont pas décrits en long et en large, mais leurs paroles, leurs actes, l’atmosphère qui les entoure nous donnent de précieuses informations sur leur identité profonde. J’ai été touchée et charmée par ce premier tome, que j’avais déjà lu il y a fort longtemps. Il me tarde de lire et relire les tomes suivants. C’est une véritable bouffée d’air frais, un roman-doudou et coup de cœur, à lire et relire encore et encore. Autre point notable pour achever cette chronique : je suis tombée amoureuse des noms que l’auteure a donné à ses personnages : Lucrèce, Sidonie, Béhotéguy, Guillemette, etc ; le charme opère.

Publicités

3 réflexions sur “Quatre soeurs : Enid — Malika Ferdjoukh

  1. Ahh j’ai justement déniché l’intégrale des 4 soeurs en occasion cette semaine ! Ca me tente énormément ! (Attention à la date, tu l’as mise à 2033 hihi)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s