Littérature anglaise

Alice’s Adventures in Wonderland — Lewis Carroll

Édition : Penguin Classics
Date : 1865
Pages : 145

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Alice follows the White Rabbit down the rabbit-hole and into a series of extraordinary adventures in Wonderland, a country of crazy logic where the absurd and surreal are the norm. Riddles have no answers, songs turn into nonsense and everything is punctuated with dreadful puns. The animals who live there can not only speak but are positively argumentative ; however, the self-possessed Alice is well able to cope with everything she meets.

Which is just as well, as these include a hookah-smoking Caterpillar, the Cheshire Cat, the Mock Turtle and a baby who turns into a piglet. Alice runs in the Caucus Race, attends the Mad Hatter’s Tea Party and plays croquet with flamingoes and hedgehogs. Even the Queen of Hearts with her threats of execution all round can hold no real fears for Alice …

De son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson, Lewis Carroll est connu pour avoir été une personne loufoque, totalement excentrique, qui est passé des mathématiques à l’écriture en faisant un détour par la photographie — période controversée de sa vie s’il en est. Un jour, il est embarqué dans une promenade par une petite fille de sa connaissance— Alice Liddell —, qui a amené avec elle quelques-unes de ses amies. Elle demande qu’il leur raconte une histoire, pour les distraire. C’est ainsi que sont nés Alice et le Pays des Merveilles. Les personnages du conte — les animaux — font référence aux personnes présentes sur le bateau. Je trouve particulièrement intéressant ce côté « retour à la tradition orale ». Dans l’Antiquité, les textes n’étaient pas écrits et le récit des exploits des dieux n’a été porté à l’écrit que bien plus tard.

Alice au pays des merveilles a pourtant beau être une institution, le conte a plus été vu que lu et l’on se détourne bien souvent du texte originel. Alice est une petite fille rêveuse qui s’ennuie fermement. Un après-midi d’été, un étrange petit lapin portant une veste et une montre à gousset passe devant elle en se parlant à lui-même. Bien loin de faire attention au fait qu’il puisse s’exprimer, la fillette se focalise directement sur le fait qu’il ait un gilet sur le dos. La curiosité l’emportant sur la sagesse, elle décide de le suivre et finit par tomber dans ce puits qui semble sans fond.

Alice was beginning to get very tired of sitting by her sister on the bank, and of having nothing to do : once or twice she had peeped into the book her sister was reading, but it had no pictures or conversations in it, « and what is the use of a book », thought Alice, « without pictures or conversation ? ». So she was considering in her own mind (as well as she could, for the hot day made her feel very sleepy and stupid), whether the pleasure of making a daisy-chain would be worth the trouble of getting up and picking the daisies, when suddenly a White Rabbit with pink eyes ran close by her.

Finalement, Alice finit par atterrir dans une petite pièce dotée de plusieurs portes et d’une table en verre, sur laquelle sont posés une clé et un petit flacon. Elle grandit, elle rétrécit, elle tente d’ouvrir la plus petite des portes et, n’y parvenant pas, se met à pleurer. Et, de fil en aiguille, elle se retrouve au Pays des Merveilles et s’enfonce de plus en plus dans l’absurdité et le non-sens. Il est difficile de faire un résumé de cette œuvre, comme il est difficile d’en parler de manière concise. Le conte est riche en enseignements, mais il est aussi parfait si on a envie de se lancer dans un commentaire composé : je peux vous dire qu’il y a matière à faire ! Lewis Carroll adore jouer sur les mots, il aime les devinettes et plus généralement, adore manier la langue à sa guise, créer de nouveaux termes ou en détourner d’autres.

Ce qui est le plus éprouvant pour le cerveau en lisant Alice au pays des merveilles, c’est de se dire que rien n’a de sens, que si les choses s’enchaînent de manière étrange, c’est normal et que si tout le monde est fou, c’est encore plus normal car comme dit le père d’Alice dans l’adaptation de Tim Burton, « all the best people are ». J’ai toutefois aimé la simplicité apparente du récit ; étant un conte, le langage est certes choisi, mais aisé à comprendre et l’histoire n’en est que plus facile à suivre. On rencontre une ribambelle de personnages tous plus étonnants les uns que les autres : une Duchesse, un bébé qui se transforme en cochon, un Lièvre de Mars complètement fou « depuis Mars de l’année dernière », une chenille désespérante, etc. Au cours de cette aventure et à travers ses discussions avec les habitants du pays, Alice, d’abord un peu stupide et naïve, commence à « grandir », à se rebeller un peu et à dire non quand il le faut, en gardant toutefois une âme d’enfant : il faut bien être un gamin dans son cœur pour accepter sans broncher les bizarreries qui se présentent à elle ici. J’ai aimé voir l’évolution de cette petite fille qui m’énervait quelque peu au début, puis qui prend finalement les choses en main. La « morale », si l’on veut, de ce conte est particulièrement belle et poétique. Nous nous retrouvons à nouveau sur les berges de la rivière, Alice à la tête sur les genoux de sa soeur et commence à lui raconter tout ce qui lui est arrivé … Je ne vous en dis pas plus, mais si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à lire au moins les dernières pages.

Mon édition — Penguin Popular Classics — m’a permis de mieux savourer ma lecture. Elle comporte de nombreuses illustrations et s’il n’y a pas de notes de fin de pages qui auraient pu être fort utile, j’ai apprécié les ajouts de l’éditeur en fin de livre. En effet, deux lettres ont été publiées : dans la première, Lewis Carroll souhaite une joyeuse Pâques à tous les enfants, dans la seconde un joyeux Noël, ici sous forme de poème. La première m’a particulièrement touchée et émue, tant elle énonçait des vérités encore modernes pour l’époque. Comme vous avez pu le constater, je ressors enchantée de ma lecture et ne peut que vous conseiller de vous y mettre si ce n’est déjà fait. C’est un classique, oui, mais un classique terriblement ludique et en même temps terriblement loufoque. Et si je peux ajouter ceci : lisez-le en anglais. C’est en anglais que l’on se rend vraiment compte du travail effectué par l’auteur au niveau de la langue et des jeux de mots.


Cette lecture était une lecture commune avec Luthien. Nous en avons discuté au fur et à mesure, ce qui était plus agréable car nous avons pu nous étendre sur les passages qui nous avaient marqués et leurs particularités. Chacune de nous a posé des questions à l’autre, histoire d’entrer un peu plus dans le détail et de partager encore plus sur cette LC.

Que connaissais-tu de cet univers avant de lire ce conte ?
Ce que je connaissais d’Alice au pays des merveilles avant de lire le conte se limitait au dessin animé et au film de Tim Burton. Or, les deux adaptations sont plutôt différentes et aucune n’est réellement fidèle à l’œuvre de Lewis Carroll. Je savais que le livre avait donc une autre dimension, sans avoir plus de connaissances à ce sujet. Je peux donc dire que ça a été une véritable (re)découverte.

Quel parodie de poème as-tu préféré ?
Cette question est particulièrement difficile. J’ai choisi le plus connu de tous, mais ai apprécié les autres tout autant. Je vous mets tout d’abord la version originale et en-dessous la version Lewis Carroll — les deux sont incomplètes, l’auteur n’ayant détourné que la moitié du poème de W.B. Rands.

How doth the little busy Bee 
Improve each shining Hour, 
And gather Honey all the day 
From every opening Flower!

How skilfully she builds her Cell! 
How neat she spreads the Wax! 
And labours hard to store it well 
With the sweet Food she makes.

How doth the little crocodile
Improve his shining tail,
And pour the waters of the Nile
On every golden scale!

How cheerfully he seems to grin,
How neatly spreads his claws,
And welcomes little fishes in
With gently smiling jaws!

Est-ce qu’un personnage est parvenu à te marquer (positif ou négatif) ?
Tous les personnages sont marquants dans leur genre. Je dois avouer le Cheshire Cat l’est tout spécialement. Il apparaît à divers moments pour prodiguer des conseils plutôt étranges à Alice. J’ai aussi aimé détester la Duchesse, petite, laide, cherchant une morale à tout. C’est un personnage que j’ai trouvé finalement assez mystérieux, car l’auteur ne nous en dit pas beaucoup sur elle ; elle semble maltraiter son bébé — passage très drôle où elle lui chante une soit-disant « berceuse » — et pourtant veut aider Alice et cherche à fuir la reine qui veut l’arrêter … Sans que l’on sache pourquoi ! Absurde, vous dis-je !

Y a-t-il un moment (récit, jeu de mots…) que tu as préféré ?
Deux passages m’ont marquée plus que les autres. Il s’agit tout d’abord de la discussion qu’Alice a avec la chenille, discussion qui revient à son point de départ au bout de quelques phrases. Cette conversation est plus profonde qu’elle en a l’air car elle pose la question du « qui suis-je ? ». Alice est-elle la même que le matin ou a-t-elle changé en tombant dans ce trou ? Ou ce trou symbolise-t-il le fait qu’elle ait changé ? Ensuite, je dirais que le moment où elle tombe indéfiniment est marquant car très amusant. Elle essaie de se servir de ses connaissances, des choses qu’elle a apprises à l’école, mais elle fait tout de travers. À partir du moment où elle est dans le pays des merveilles, tout ce qui sort de sa bouche est déformé. J’ajoute aussi que j’ai beaucoup aimé le moment où Alice parle avec le griffon et la « Mock Turtle » et où Lewis Carroll détourne les noms des matières scolaires : addition devient « ambition », substraction devient « distraction », multiplication devient « uglification » et division devient « derision ».

Que retiens-tu de cette lecture ?
Vaste question. Cette lecture est tellement riche que je me contenterai d’une réponse courte. Ce que l’on peut retenir de ce conte, c’est que rien n’est impossible ; que les choses deviennent impossibles parce que l’on pense qu’elles le sont. Alice au pays des merveilles est un véritable hymne à l’enfance et à la candeur ; un appel à garder l’esprit ouvert et l’imagination active.

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4 réflexions sur “Alice’s Adventures in Wonderland — Lewis Carroll

  1. Ma petite soeur et moi sommes totalement fan de ce conte. Elle collectionne même tout ce qui touche à cet univers. J’aime le relire car il y a encore des points à découvrir. L’univers est tellement riche. En revanche, je n’ai jamais lu la suite.

  2. Merci pour cette lecture. 🙂
    C’est vrai que c’est difficile de trouver un sens à ce texte mais n’est-ce pas un rêve ? ^^
    J’ai aussi beaucoup aimé la fin. En fait, j’ai tout aimé à divers degrés. :p Le passage avec la Tortue et le Griffon est aussi un de mes favoris, il se passe tellement de choses dedans !

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