Littérature américaine

Chasseuse de la nuit, t.1 : Au bord de la tombe — Jeaniene Frost

Édition : Milady
Date : 2009
Titre original : Night Huntress — Halfway to the Grave
Pages : 512

Amazon (fr)Amazon (com)

Mi-humaine, mi-vampire, Catherine Crawfield traque les morts-vivants dans l’espoir de tuer son père, le monstre qui a fichu la vie de sa mère en l’air. Elle est alors capturée par Bones, un vampire chasseur de primes, qui lui impose une association contre nature: il aidera Cat dans sa quête et, en échange, ce très sexy prédateur de la nuit fera d’elle une chasseuse aux réflexes aussi acérés que ses crocs. Mais avant de pouvoir jouer les buteuses de démons, Cat est elle-même prise en chasse par une bande de tueurs. Forcée de choisir son camp, elle va vite se rendre compte qu’être une suceuse de sang a ses avantages…

La bit-lit est un genre qui m’a toujours attirée d’une manière ou d’une autre, mais j’ai souvent été déçue : histoire trop plate, personnages invisibles, intrigue tirée par les cheveux, clichés qui ont la vie dure. Bref, je garde tout de même l’espoir d’un mieux. Par chance, dernièrement, un ami m’a envoyé tous les tomes de la saga de Jeaniene Frost en PDF — je ne vous conseille pas de le lire, comme je l’ai fait, sur votre ordinateur ; j’ai les yeux en compote — et je me suis mise à lire le tome 1, histoire de voir à quoi pouvait bien ressembler une série dont beaucoup de monde parlait sur la blogosphère. Disons-le tout de suite : j’ai commencé dimanche soir et j’ai fini lundi soir. Car oui, vous avez devant les yeux un livre qui se lit d’une traite et j’avoue avoir eu bien du mal à m’arrêter, tant je voulais savoir ce qui allait se passer. Véritable page turner, il n’est néanmoins pas sans défauts.

Le résumé est suffisamment clair concernant l’histoire. Catherine Crawfield — Cat, Cathy — est à la fois humaine et vampire et adore partir en chasse la nuit pour tuer tous ceux qui répandent le mal autour d’eux : les vampires. Ces derniers sont tous mis dans le panier, ceci étant principalement dû à la haine que voue sa mère à cette espèce, qui l’a privée d’une vie heureuse et tranquille. Malheureusement, un jour, Catherine tombe sur la mauvaise personne : Bones, un vampire vieux de plus de 200 ans, donc très très fort, qui va la laisser en vie en échange d’un petit service : elle va devoir l’aider à traquer certains de ses congénères et à démêler les fils d’une affaire pas très nette … Première originalité du roman, l’héroïne est mi-humaine, mi-vampire, ce qui fait d’elle un personnage hors norme. Évidemment, comme on peut s’en douter, une romance pointe le bout de son nez entre Bones et Cat. Cependant, même si la tension est palpable dès le début, l’auteure a pris le temps de bien mettre les choses en place avant qu’ils « passent à l’action ». Qui dit bit-lit de ce style dit forcément scènes de sexe, mais elles n’étaient pas non plus omniprésentes ; Jeaniene Frost ne fait pas de longues descriptions à chaque fois que les héros sont pris d’une pulsion sexuelle (sinon, il aurait fallu faire deux volumes).

Concernant les personnages, j’ai beaucoup aimé Catherine. Elle est dotée d’une forte personnalité, ne se laisse pas marcher sur les pieds et est une tueuse hors pair ; cependant, elle est aussi sensible et quelque peu timide. Sa mère fait porter sur elle un lourd fardeau et encourage sa fille à poursuivre dans la voie de la chasse des vampires. Tout au long du roman, elle va se débrider un peu et laisser place à la lionne qui est en elle, si vous me permettez l’expression. Loin d’être agaçante, on se sent plutôt proche d’elle ; les réactions qu’elle peut avoir face à certaines situations sont celles que peuvent avoir n’importe quel être humain, ce qui la rend « abordable ». Bones, lui, est beau, intelligent, fort, musclé, il a la peau pâle et les cheveux blonds. Un vampire de « contes de fées ». Malgré cela et le côté un peu cliché du personnage, je trouvais que les deux protagonistes fonctionnaient particulièrement bien ensemble, qu’ils formaient un duo fort qui ôtait à Bones ce côté un peu « monsieur parfait / bad boy ». Concernant la mère de Cat, elle était vraiment parfaite et je l’ai détestée : elle en veut à sa fille d’être comme elle est, elle la pousse sur un chemin hasardeux, elle est méfiante, ultra-catholique, etc. J’ai aimé la détester et j’aurais bien voulu lui mettre mon poing dans la figure à certains moments ou alors pousser Catherine à se rebeller un peu. Dans les personnages secondaires, j’ai apprécié Francesca (surtout quand on apprend d’où elle vient …), Timmie (le voisin maladroit et timide) ainsi que Charles, qu’on ne voit pas assez à mon goût.

Attaquons-nous maintenant au style, à mon avis le point faible le plus flagrant du livre. Je pense que la traduction y est pour beaucoup parce que passer de « Kitten » à « Chaton », ça fait quand même une sacrée différence. L’avantage, c’est que le tout se lit rapidement, sans qu’on accroche quelque part ; il y a beaucoup de fluidité et comme il y a de l’action à chaque page, il arrive un moment où on passe outre la langue. Toutefois, je dois dire que les « Chaton », « ma belle » et autres petites appellations de ce genre m’ont passablement énervée ; au début, ça allait. Puis quand ça devenait trop récurrent, ça m’énervait. Malgré cela, il y a eu de nombreux passages drôles et de nombreux répliques mémorables de la part de Catherine, qui n’a pas sa langue dans sa poche. Le langage cru ne m’a pas dérangée et étonnée plus que ça, même si on s’attendrait parfois à plus de finesse et à plus de descriptions. J’ai oublié de mentionner le fait que l’on suive l’intrigue du point de vue de l’héroïne, donc à la première personne du singulier, ce qui nous la rend d’autant plus sympathique.

Pour conclure, je dirais que c’est un roman qui me réconcilie un peu avec la bit-lit. L’histoire est plutôt bien menée et on passe pas tout notre temps à voir les protagonistes se pâmer l’un devant l’autre ; il y a de l’action, de la romance, du drame ; bref, ça mélange un peu tous les genres. Les deux points forts de cette saga, ou du moins du premier tome, ce sont l’intrigue et Cat. Le point faible est le style, relativement pauvre, mais idéal pour engloutir le roman en une bouchée. Par curiosité et parce que je meurs d’envie de connaître la suite (saleté de fin), je lirai probablement la suite … Mais pas en PDF !

Publicités

5 réflexions sur “Chasseuse de la nuit, t.1 : Au bord de la tombe — Jeaniene Frost

  1. Ce n’est pas ce que je préfère la bit-lit, aucun livre ne m’a réellement convaincu pour le moment. Mais ça a un avantage : ça se lit très vite. Je note celui-ci, peut-être un jour ! :p

  2. J’ai les autres tomes sur ma liseuse, et j’ai très envie de me lancer dans le second ^^ J’avais oublié de le dire dans mon billet, mais c’est vrai que le surnom « Chaton » m’a tapée sur les nerfs ! x)

    • Je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule à avoir été légèrement irritée par ce petit nom d’amour :p.
      Mais comme tu dis, le tome 2 me tente !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s