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La ligue des gentlemen extraordinaires, vol. 1 — Alan Moore & Kevin O’Neill

Éditeur : Panini Comics
Date : 2009 (originale : de 1999 à 2003)
Pages : 120 (selon Amazon, mais il me semble qu’il y en a plus que ça)

Londres, 1898. L’ère victorienne vit ses dernières années. Le XXème siècle se profile. L’heure est aux grands bouleversements et à la stagnation, à l’ordre chaste et à l’ignoble chaos. On a plus que jamais besoin de champions.

Allan Quatermain, le capitaine Nemo, Hawley Griffin, le Dr Henry Jekyll, Edward Hyde et Mina Murray sont ces champions. Ensemble, ils constituent la Ligue des Gentlemen Extraordinaires.

Recrutés par l’énigmatique Campion Bond, aux ordres de « M », l’homme mystère, nos six justiciers sont au service de leur empire qui ne peut se passer d’eux. Ils vont devoir affronter le terrible Docteur et ses plans de conquête mondiale. Mais les choses ne sont pas exactement ce qu’elles semblent être. De nombreux facteurs inconnus sont en jeu. Et l’incroyable drame se noue …

Les œuvres d’Alan Moore sont connues : From Hell, V pour Vendetta ou encore Watchmen, l’auteur nous plonge à chaque fois dans des univers sombres où le mal et le vice règnent, ses héros ont plutôt l’air d’être des anti-héros et les histoires qu’il nous raconte font réfléchir. À chaque fois, le dessinateur n’est pas le même, ce qui crée des atmosphères fort différentes et donne à chaque bande dessinée sa particularité. Ici, Alan Moore s’est allié avec Kevin O’Neill, dessinateur anglais.

Il n’est pas évident de faire une chronique sur une bande dessinée sans trop en révéler et gâcher le suspense. De fait, je compte me concentrer sur les aspects les plus neutres et laisser une petite surprise à ceux qui souhaiteront la lire. Il s’agit ici du premier volume, tiré d’un coffret de deux volumes. Il me semble que chacun peut se lire indépendamment de l’autre, toutefois, pour une meilleure compréhension, je suggère de les lire dans l’ordre. Ce tome-ci introduit les personnages et les met en scène dans une première enquête / aventure. La Ligue est composé de Mina Murray — dont le nom d’épouse était Harker —, d’Allan Quatermain, aventurier colonial, du capitaine Nemo accompagné par son célèbre Nautilus, du Docteur Jekyll et de Mister Hyde et d’Hawley Griffin. Difficile de s’allier quand on ne se connaît pas et que tout nous oppose. Mais Londres est menacée et il faut agir rapidement. Ensemble, ils vont devoir déjouer un complot machiavélique et tenter de sauver la ville de la destruction, se soumettant aux ordres de Campion Bond, lui-même sous-fifre de M. M, mystérieux inconnu qui tire toutes les ficelles.

Ce qui frappe le plus dans cette bande dessinée, c’est le nombre phénoménal de références et de recoupements. Des personnages d’œuvres totalement indépendantes se retrouvent réunis ici pour mener l’enquête : c’est avant tout ce qui m’a donné envie de me plonger dans l’aventure avec eux. Comme c’est une BD, évidemment, les caractères ne peuvent être développés de façon exhaustive. Toutefois, chacun a eu sa place à un moment ou à un autre, il n’y en a pas un qui domine et efface ses acolytes. Mina, étant la seule femme, fait preuve d’une force de caractère et d’un sang-froid à toute épreuve ; Allan Quatermain, perdu dans l’opium et vivant comme un miséreux au Caire, se remet vite sur pied et malgré son âge, retrouve de sa vigueur et de sa gouaille ; le capitaine Nemo est peut-être le plus mystérieux de tous, celui dont on ne sait pas grand chose ; Docteur Jekyll est calme et effacé et son Hyde est violent et adopte un langage des plus fleuris … Enfin Hawley Griffin est le plus exaspérant de tous : frimeur, trop franc dans ses propos et agissant trop souvent seul, il est tout de même un allié important et en devient presque attachant. Difficile de dire lequel m’a le plus charmée. J’ai une grande admiration pour Mina, mais Quatermain me fait bien rire, se plaignant de devoir se soumettre aux ordres de cette « harpie ».

Quant à l’histoire en elle-même, je l’ai trouvée très bien ficelée, très bien mise en scène. On part aux quatre coins du monde, on en apprend chaque fois un peu plus et le tout se goupille parfaitement. Je n’ai pas eu la sensation d’être perdue, malgré la complexité de certains propos, et j’ai été happée dans l’univers, si bien que je l’ai lue d’un trait. Le style est agréable, quoique j’aimerais en avoir un aperçu en version originale ; il me semble y avoir quelques couacs dans la traduction à certains endroits — et comme Alan Moore est à proprement parler un « écrivain », et bien il serait judicieux de voir ce que ça peut donner dans la langue de Shakespeare. Les dessins sont parfaitement adaptés à la nature de cette œuvre. Couleurs superbes, traits fins et précis … C’est un style que j’aime énormément. Il y a pas mal d’humour dans cette BD et malgré les décors parfois sombres du Londres victorien, on y voit quand même plus clair que dans From Hell ou V pour Vendetta.

Alan Moore est un scénariste de génie et les dessins de Kevin O’Neill accompagnent son idée à la perfection. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans les aventures de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires : à tous ceux qui aiment les anti-héros, les histoires sombres et le mystère, foncez !

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3 réflexions sur “La ligue des gentlemen extraordinaires, vol. 1 — Alan Moore & Kevin O’Neill

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