Littérature américaine

The Unbecoming of Mara Dyer — Michelle Hodkin

Édition : Simon & Schuster
Date : 2011
Pages : 452
Prix : 12,90€

Mara Dyer doesn’t think life can get any stranger than waking up in a hospital with no memory of how she got there. It can.
She believes there must be more to the accident she can’t remember that killed her friends and left her mysteriously unharmed. There is.
She doesn’t believe that after everything she’s been through, she can fall in love. She’s wrong.

The Unbecoming of Mara Dyer est une véritable surprise. Sorti en 2011 aux États-Unis et pas encore dans les bacs en France, c’est le premier roman de Michelle Hodkin ; le second tome sort à l’automne 2012 et je peux vous dire que je suis assez pressée de l’avoir entre les mains. Je fais cette critique à chaud, venant tout juste de tourner la dernière page de ce chef-d’œuvre commencé hier matin. Il va être difficile d’en parler sans révéler trop d’éléments alors je risque de me montrer plutôt vague.

L’intrigue. Tout d’abord, ne vous fiez pas au résumé. On pourrait croire à une énième histoire d’amour impossible, à un énième roman un peu policier sans âme et sans identité. Il n’en est rien. J’ai d’ailleurs été étonnée de voir à quel point on était loin de ce que je m’étais imaginé. Dès le début, on est plongé dans une atmosphère un peu glauque, fantastique. Pour avoir lu Le tour d’écrou il y a peu de temps, certains passages et certaines émotions lors de ma lecture ont été les mêmes. Mara Dyer est une jeune fille qui habite à Rhode Island avec ses deux parents et ses deux frères, Daniel et Joseph. Rachel est sa meilleure amie depuis l’école primaire, mais les choses ont quelque peu changé lorsque Claire est arrivée, avec Jude, son frère jumeau. La rivalité entre les deux adolescentes est palpable … Jusqu’à ce que le monde de Mara s’effondre : Claire, Rachel et Jude sont morts. Un bête accident, des murs qui s’écroulent sur eux. Pourtant, Mara est toujours vivante et elle n’a rien. Peu à peu, les hallucinations font leur apparition, les cauchemars, les souvenirs de cette nuit-là reviennent sans qu’elle puisse y faire quelque chose. Elle déménage en Floride, espérant que les choses changent, qu’elle puisse tout recommencer à zéro. Ce ne sera pas le cas. Croyden, sa nouvelle école, n’a rien d’accueillant. Et il y a ce jeune homme, étrange et de mauvaise réputation … Partagée entre choc post-traumatique, volonté d’aller de l’avant et envies de meurtres, la lycéenne va vivre des moments on ne peut plus difficile. Je ne peux dire plus sans gâcher les effets de surprise. Parce qu’il y en a, vous pouvez me croire ! Si quelques scènes semblent « déjà-vues » dans d’autres romans, l’histoire dans son ensemble revêt un caractère tout à fait inédit et angoissant. On est partagés entre rire et larmes, peur et excitation à l’idée de savoir ce qui va se passer ensuite.

Les personnages. Loin des platitudes habituelles et des personnages sans profondeur, je me suis ici retrouvée face à une héroïne hors du commun, dangereuse et fragile à la fois, avec un caractère prononcé et effrayant. Mara n’a rien d’une jeune fille en détresse qui attend qu’on la sauve : c’est plutôt une adolescente paniquée qui n’aspire qu’à devenir normale. Daniel, son grand frère, est exactement le grand frère que l’on rêverait d’avoir, même si sa perfection scolaire et humaine est parfois irritante : Mara nous le fait bien savoir. Toutefois, il apporte un peu de légèreté au roman et nous donne envie d’en savoir plus sur lui. Joseph, lui, est assez discret, mais très facile à se représenter : petit génie, il adore sa sœur et cette dernière est prête à tout pour lui. La mère de Mara, psychologue, joue parfaitement son rôle de mère, s’inquiétant sans cesse pour sa fille, peut-être un peu trop. Elle est tantôt adorable, tantôt exaspérante. Le père est absent, son métier expliquant ceci ; mais c’est un personnage tout aussi important. Et enfin, last but not least, Noah. Noah, ce garçon étrange qui intrigue Mara et qui en même temps la rebute. J’ai adoré découvrir toutes les facettes de son caractère complexe : il a l’air d’être un admirable salaud au départ alors que … Peut-être que les rumeurs exagèrent, peut-être que sa réputation n’est pas si noire que ça. Ne vous attendez pas à découvrir un personnage qui s’avère finalement angélique. Mais il est étonnant. C’est un héros qui n’en est pas vraiment un, qui a sa part d’ombre, sans être pourtant cliché.

Le roman en lui-même. Le style de l’auteur est assez agréable et la lecture en VO a été plutôt fluide. Je trouvais qu’elle nous décrivait les choses avec des mots « adultes », avec des réflexions matures. Effectivement, je n’ai pas eu la sensation d’être plongée dans du YA. Mara a 16 ans et déjà un regard bien précis sur les choses. À travers elle, le roman étant à la première personne, on ressent toutes ces choses que l’on peut ressentir, tous ces sentiments affreux, effrayants, toutes ces pensées malsaines. Loin d’une histoire d’amour à l’eau de rose, celle qui se déroule entre elle et Noah paraît tout aussi « réaliste » : les bons comme les mauvais côtés nous sont présentés et tout ne semble pas gagné dès les deux premières pages, même si l’on sait d’avance qu’il y a de l’amour dans l’air. L’auteure parvient avec brio à mêler les genres, passant du policier, à l’aventure, la romance ou encore le roman psychologique. The Unbecoming of Mara Dyer est complet et la fin terrible et … Surprenante …

Je ne peux que vous conseiller de mettre la main sur ce fabuleux premier roman. Michelle Hodkin est parvenue à nous offrir une histoire travaillée, haletante qui nous pousse à tourner les pages à vive allure, qui nous donne envie d’aller jusqu’au bout sans faire une seule pause. Si quelques défauts sont perceptibles, notamment quelques trop bons sentiments ou quelques légers clichés par-ci par-là (si l’histoire d’amour est belle, certains passages feront lever les yeux au ciel à certains — mais comme je suis friande de ce genre de choses, ça ne m’a pas dérangée), le tout est toutefois sublime. Noirceur, lumière, rire, angoisse : vous passerez par tous types d’émotions et vous achèverez votre lecture avec l’envie de hurler : il va falloir attendre quelques mois avant de connaître la suite !

« The Unbecoming of Mara Dyer strikes a rare balance of darkly funny, deliciously creepy, and genuinely thoughtful. One minute I was laughing out loud, and the next, I was so scared I wanted to turn on all the lights and hide under the covers. Michelle Hodkin’s talent and range are obvious, from her chilling descriptions to romantic scenes that almost crackled on the page. I’ve never read anything quite like it. » Veronica Roth.

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6 réflexions sur “The Unbecoming of Mara Dyer — Michelle Hodkin

  1. Tu es la première à en parler, dis donc ! J’ai comme l’impression qu’il ne passera pas inaperçu en France ! Merci pour ce joli article (et la couverture est très sympa !).

    • J’espère qu’il ne passera pas inaperçu, il le mérite amplement :).
      J’ai aussi flashé sur la couverture. Les éditions anglaises et américaines sont souvent très jolies !

  2. Je vais le lire pour la lecture commune d’Elise. Je dois dire qu’il me tentait pas beaucoup et quand je l’ai reçu, j’ai lu le premier chapitre. J’ai commencé à me dire que, finalement, je n’allais pas le regretter car rien que ce tout petit chapitre m’a donné envie d’en savoir plus !

    • Il est vrai que le premier chapitre nous fait rapidement entrer dans le livre ! J’espère que la suite te plaira tout autant. Comme je l’ai dit : ne pas se fier au résumé ;).

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