Littérature américaine

Fablehaven, t.1, Le Sanctuaire Secret — Brandon Mull

Nathan — 340 pages — 14,90 euros

Depuis des siècles, les créatures fantastiques les plus extraordinaires se cachent dans un refuge secret, à l’abri du monde moderne. Ce sanctuaire s’appelle Fablehaven. Kendra et Seth ignorent tout de ce lieu magique, dont leur grand-père est pourtant le gardien. Un jour, ils découvrent l’incroyable vérité : la forêt qui les entoure est peuplée d’êtres fabuleux — fées, géants, sorcières, monstres, ogres, satyres, naïades … Aujourd’hui, l’avenir de Fablehaven est menacé par l’avènement de puissances maléfiques. Ainsi commence le combat des deux enfants contre le mal, pour protéger Fablehaven de la destruction, sauver leur famille … et rester en vie !

Les critiques que j’ai lues de Fablehaven était globalement positives ; ni une ni deux, je me suis décidée à me lancer dans cette série. J’apprécie beaucoup les univers peuplés de créatures magiques extraordinaires et j’avoue que les romans jeunesse sont assez doués pour les créer. En lisant le résumé, je me suis demandé si l’histoire et le monde en lui-même ne seraient pas semblables à ce que l’on peut trouver dans Le Monde de Narnia. Au final, pas du tout. J’ai trouvé certaines idées plutôt originales, idées qui donnent au roman sa spécificité et son caractère unique. Kendra et Seth se rendent cet été chez leurs grands-parents qu’ils ne voient d’ordinaire jamais. Leurs parents doivent partir en croisière en Norvège avec le reste de la famille et ne peuvent pas emmener leurs enfants. De fait, les deux jeunes atterrissent dans un endroit qu’ils ne connaissent pas, perdu au milieu de nulle part, se demandant bien comment ils vont pouvoir s’amuser pendant les semaines à venir. La maison est entourée d’une forêt épaisse, de prairies verdoyantes et comporte un jardin riche de fleurs. Bien vite, Kendra et Seth vont découvrir l’existence de Fablehaven et de toutes les créatures qui y habitent, d’une façon plutôt inattendue … Je ne veux pas donner plus de détails, par peur de gâcher quelques éléments de surprises. La manière dont ils prennent connaissance de ce monde est poétique et ce serait vraiment bête de la révéler ici. En soi, l’histoire apparaît comme peu exaltante. Effectivement, la majeure partie de ce tome est destinée à nous présenter Fablehaven, ses habitants, son histoire, etc. D’ailleurs, j’ai toruvé ça assez intéressant, finalement. L’action surgit vraiment dans le dernier tiers, mais ça ne m’a pas embêtée plus que ça. J’aime beaucoup qu’on me raconte des histoires et j’ai pensé que celle de ce monde magique était suffisamment belle pour qu’on passe du temps dessus. Ainsi, si vous vous attendez à quelque chose qui soit ultra-riche en rebondissements, il vous faudra passer votre chemin. La lecture du second tome me dira si, oui ou non, ce premier n’était en quelque sorte qu’une introduction — mais une introduction très agréable.

J’en viens ainsi à parler du style. La plume de l’auteur est fine sans être prétentieuse, ce qui permet de lire le roman assez rapidement et sans se casser la tête. Cependant, j’ai trouvé l’ensemble vraiment poétique et fluide. Certains trouvent l’écriture un peu trop « simple », vraiment trop jeunesse. Je dirais plutôt que c’est un style destiné à tous. Brandon Mull décrit avec les mots justes les lieux divers, les créatures et les émotions de ses personnages. Ces descriptions, justement, ne sont pas omniprésentes, mais offrent un éclairage sans pour autant brider notre imagination, ce qui est appréciable. Le monde qu’il a créé n’est pas extraordinaire, mais j’avoue m’y sentir bien. Je me figurais un immense jardin, une immense forêt regorgeant de lieux secrets ; le fait d’être dans un cadre aussi grandiose change de ceux trop apocalyptiques. J’aurais peut-être souhaité une description plus importante des habitants de la réserve, de leur histoire, mais je me dis d’un autre côté qu’il faut garder de la matière pour la suite. Finalement, ça me donne vraiment envie de savoir dans quelles aventures vont être plongés Kendra et Seth.

Les deux personnages principaux que sont les deux enfants sont assez « typiques ». Seth se montre parfois terriblement agaçant ; c’est le petit frère qui n’écoute jamais ce qu’on lui dit, qui franchit toujours la limite et adore désobéir. La curiosité est un bien vilain défaut. Si cela justifie ses agissements, j’ai l’impression que ça les justifie vraiment trop tout au long du roman. Kendra, quant à elle, est raisonnable et réservée. Au début, je la trouvais un peu plate, mais par la suite, j’ai eu la sensation qu’elle commençait à sortir de sa timidité et à prendre les devants. Il est dommage que l’auteur ne se focalise parfois pas un peu plus sur ses personnages. Léna, par contre, est particulièrement intéressante. J’ai aimé la manière dont il la mettait en scène ; c’est une femme que l’on a vraiment envie de connaître ou d’avoir à ses côtés. Une véritable Mary Poppins. Grand-Père Sorenson fait figure d’autorité, mais on ne le voit pas tant que ça … C’est vraiment le plus gros regret que j’ai vis-à-vis de ce roman. J’espère sincèrement que les prochains tomes m’en apprendront plus sur cette famille.

Autre petit défaut, la fin peut-être un peu trop rapide. J’aurais aimé un plus grand développement sur la dernière « grande action », un peu plus de détails. Comme le roman est basé sur l’explication de Fablehaven, je pense qu’il fallait bien ça pour rééquilibrer le tout. Mis à part ça, ce fut une lecture plaisante, la découverte d’un monde intéressant. L’envie d’acheter les prochains tomes me démangent, car je sens que plus d’action sera au rendez-vous ! Je le conseille en tant que lecture détente à tous les fans de romans jeunesse et d’univers fantastiques. Il faut quand même accorder ça à Brandon Mull : le tout est parfaitement ficelé et les événements s’enchaînent à merveille. Je vous glisse en cadeau deux citations qui m’ont plues. Je pense que j’en ajouterai à chaque fois désormais.

« […] La malédiction de la mortalité. Vous passez la première partie de votre vie à apprendre, à devenir plus fort, plus capable. Et puis, même si vous n’y êtes pour rien, votre corps commence à vous manquer. Vous régressez, les membres solides s’affaiblissent, les sens aiguisés s’émoussent, les constitutions robustes se détériorent. La beauté se fane. Les organes vous lâchent. Vous vous rappelez ce que vous étiez dans votre jeunesse et vous vous demandez où est passée cette personne. Alors que votre sagesse et votre expérience sont à leur apogée, votre corps, ce traître, devient une prison. »

« Les gens intelligents tirent profit de leurs erreurs, mais ceux qui le sont encore plus apprennent de celles des autres. »

 

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2 réflexions sur “Fablehaven, t.1, Le Sanctuaire Secret — Brandon Mull

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