Littérature américaine

Insatiable, t.1 — Meg Cabot

Hachette, Black Moon — 568 pages — 18 euros

Vous en avez assez des vampires ? Meena Harper aussi. Il faut dire que le paranormal, ça la connaît. La preuve : elle peut tout vous dire de votre mort prochaine. Mais dès que ça la concerne, Meena ne voit rien venir. Du coup, elle ne pouvait pas imaginer :
• qu’elle allait rencontrer un beau brun ténébreux
• qu’elle en tomberait bêtement amoureuse
• que ce serait un prince au côté légèrement obscur
• que l’heureux élu serait déjà mort.
Pourtant, Meena finirait bien sa vie avec lui. Bref, voici venue l’heure fatale … De prendre son destin en main. Mais Meena en a-t-elle les moyens ?

Cela faisait bien longtemps que je mourrais d’envie de lire ce roman, dont j’avais reçu de bons échos. De plus, Meg Cabot, c’est toute une histoire pour moi. Elle a accompagné mes années collège — et même lycée d’ailleurs — avec le célèbre Journal d’une princesse, mais aussi Star Incognito, Samantha, 15 ans, héroïne d’un jour, etc, etc. Pourtant, je n’avais lu aucun de ses écrits un peu « adulte ». De fait, c’est une autre Meg que j’ai découverte au travers d’Insatiable. Nous suivons Meena Harper, jeune femme d’environ 30 ans, habitant à Manhattan avec son frère au chômage et travaillant pour une grande chaîne de télévision, plus précisément en tant que « scénariste » pour la série Insatiable. Meena est pourtant loin d’être une jeune femme banale ; elle peut vous affirmer avec certitude quand vous mourrez et dans quelles circonstances, ce qui fait plutôt froid dans le dos. Elle se donne pour mission de prévenir les gens qui, une fois sur deux, la prennent pour une folle. Bref, sa vie n’est pas de tout repos. Et elle l’est encore moins quand elle fait la connaissance, dans une situation plutôt inattendue, de Lucien Antonescu, le fameux prince roumain, cousin de ses voisins de palier pour le moins étranges. Pas de surprise de ce côté-là, le prince en question est un vampire, sauf que seul le lecteur le sait pour le moment. À première vue, l’histoire n’a rien de grandement nouveau, quoique le mélange bit-lit / chick-lit soit très intéressant. En fait, le talent de l’auteure réside dans sa capacité à créer un monde un peu différent, à asseoir avec succès ses personnages dans la réalité telle que nous la vivons au quotidien. C’est d’ailleurs ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman. On a vraiment l’impression d’être à New-York — je n’y suis jamais allée, mais on se figure relativement bien la ville. Autre point fort, l’alternance des points de vue. Tout est écrit à la troisième personne du singulier, mais on suit tout à tour Meena, Lucien, Alaric Wulf (le chasseur de vampires), voire même Jon, le frère de l’héroïne. Cela permet une vision plus exacte des événements. Personnellement, ça me plaît de voir que les personnages vivent différemment un même rebondissement.

Venons-en aux personnages dans le détail. Meena est une jeune femme attachante, avec un fort caractère et beaucoup de bonne volonté. Il est aisé de s’identifier à elle, qui paraît vraiment « normale » malgré son don. Elle n’est pas tout le temps fringuée avec des vêtements de marque ultra-chic, elle ne se maquille pas très souvent et est plutôt maladroite. C’est une battante qui sait ce qu’elle veut et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, même quand elle se fait attaquer par une horde de vampires. Parfois, sa naïveté peut se révéler agaçante, ainsi que les expressions utilisées — il faudra qu’on m’explique pourquoi le traducteur traduit « Oh my God » par « Omondieu » … Ce sont trois mots différents, donc ne pas les coller serait préférable. Oh et petite précision : elle déteste les vampires. Elle en a marre qu’ils lui pourrissent la vie, qu’ils s’imposent partout dans sa vie, notamment dans son travail : pourquoi vouloir faire intervenir ces êtres misogynes dans Insatiable, ce soap opera dont l’audience baisse ? Lucien Antonescu lui, évidemment, a un petit côté mystérieux pas désagréable, mais je trouve dommage que l’on en apprenne pas plus sur lui. Certes, Meg Cabot utilise des légendes roumaines pour nous parler de son passé, mais j’aimerais savoir ce qui se passe vraiment dans sa tête. Parfois, il est vraiment trop … Gentil. Je préfère quand il s’énerve, quand il montre sa véritable force. Je regrette donc vraiment qu’il n’ait pas plus de relief. Quant à Alaric … Lui, on le déteste, mais on l’adore en même temps. Il est odieux, brusque et pas très fin, mais pourtant, il est aussi attachant que Meena. Il s’adoucit peu à peu et franchement, à la fin du roman, j’avais vraiment envie de voir ce qu’il allait devenir. Jon, lui, n’en loupe pas une. Le frère gaffeur, qui aime bien vous foutre la honte dès qu’il peut et qui est aussi subtil et discret qu’une porte qui grince. Ah, et j’allais oublier un élément majeur du bouquin. Jack Bauer, le chien de Meena. Toujours présent, fidèle au poste, piètre chien de garde, je l’imaginais parfaitement et je m’y suis à mon tour attachée. Globalement, je dirais donc que les personnages méritent d’acquérir un peu de profondeur et que ma préférence va pour le moment à Alaric et Jon.

Ce que j’ai apprécié ici, c’est que j’ai découvert l’histoire de Saint Georges, qu’on nous parle de Jeanne d’Arc, de références à la culture roumaine, de Dracula et que de nombreux clins d’œil se sont glissés dans le texte. J’ai cru reconnaître une imitation d’une scène de Twilight au début d’un chapitre, ce qui m’a plutôt fait sourire. Il est vrai que parfois, c’est un peu « cucu », disons, mais jamais vraiment dégoulinant. L’auteure réussit à s’en sortir avec les honneurs. Les dialogues sont bien présents, avec toutefois quelques moments descriptifs et quelques moments d’introspection des héros. J’ai dévoré le roman sans même m’en rendre compte ; les pages ont défilé seules et je suis arrivée à la fin avant d’avoir eu le temps de dire ouf. Je ne dirais pas que c’était une lecture inoubliable, mais j’ai passé un très bon moment en compagnie de Meena Harper, de Lucien Antonescu et d’Alaric Wulf. Cependant, j’aurais aimé certains éclaircissements et certains développements en plus, notamment vers la fin. À mon goût, des éléments importants auraient mérités d’être plus exploités. Ce n’est toutefois que mon avis et je ne peux que recommander cette lecture à ceux qui aiment la chick-lit modérément et la bit-lit modérément. En fait, j’ai trouvé que ça faisait un bon compromis entre les deux. Parce que c’est vrai que les vampires … On en voit carrément partout !

— Lu dans le cadre du Challenge ABC 2012. 

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