Littérature anglaise

Emma — Jane Austen

 

Orpheline de mère, seule auprès d’un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse s’est mis en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille qu’elle a prise sous sa protection. Son inexpérience des cœurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu’elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes. Autour d’Emma, Jane Austen dépeint avec sobriété et humour, et aussi une grande véracité psychologique, le petit monde provincial dans lequel elle a elle-même passé toute sa vie. Emma est l’œuvre la plus aboutie de Jane Austen et l’un des classiques du roman anglais.

 Après un peu plus d’un mois de lecture, je parviens enfin à finir ce roman ! Pourquoi autant de temps ? Non pas parce que ça ne m’a pas plu, mais parce qu’avec les cours, les lectures personnelles deviennent un souci. De plus, le livre faisant 511 pages — c’est sûr que ce n’est rien comparé à côté de certains autres —, et ne le lisant que chapitre par chapitre (donc 10 pages par 10 pages), ce n’était pas évident. Pourtant, l’histoire m’a intéressée et le style de Jane Austen, fluide et fort agréable, a contribué à me faire apprécier Emma. Le résumé est relativement fidèle à l’intrigue, mais cela mérite quelques éclaircissements, que je m’efforcerai de donner sans pour autant gâcher la surprise. Emma Woodhouse est effectivement une jeune fille vivant dans une propriété nommée Hartfield avec son père, monsieur d’un certain âge et dont la santé est fragile — de fait, ses inquiétudes à propos de son état et de celui des autres sont souvent excessives. Le voisinage est riche en personnages, personnages hauts en couleur digne d’une petite ville de province — pensons aux personnages de Madame Bovary, par exemple. Emma se donne, en quelque sorte, le rôle de marieuse. Elle prend sous son aile Harriet Smith, jeune fille d’environ 17 ans, et s’engage à la promettre à un homme de haute condition sociale. Cependant, on se rend vite compte que son manque de discernement et ses connaissances limitées sur le comportement et les sentiments vont la mener d’erreurs en erreurs. Autour de cette histoire principale se greffent diverses autres petites histoires, enrichissant considérablement le roman.

Je ne saurais donner un avis totalement tranché sur cette œuvre. J’avoue avoir apprécier les personnages, la façon dont Jane Austen met Emma en scène, mais certains passages sont un peu longs, ce qui nous laisse la désagréable impression de ne pas avancer, de faire du sur place. Par chance, le talent de l’auteure fait vite oublier ce désagrément. Emma est une jeune fille à laquelle il est facile de s’identifier. Combien d’entre nous n’ont pas joué à ce petit jeu de composition de couples ? Combien ne sont pas tombés dans le panneau en ce qui concerne les sentiments amoureux ? De fait, malgré son côté souvent prétentieux et gâtée, elle n’en demeure pas moins attachante ; son esprit vif et son énergie sont communicatives. Autre personnage important, Mr Woodhouse, le père, en devient assez drôle, voire pathétique, préconisant à tous d’appeler le médecin dès qu’ils sentent qu’ils ne vont pas bien. Mr Knightley, le charmant voisin de 37 ans, vieil ami de la famille, est doté d’une sagesse et d’une intelligence à toute épreuve. Harriet Smith est une sympathique jeune fille qui ne dispose pas des qualités spirituelles de sa protectrice. Et je pourrais continuer longtemps comme cela. Jane Austen peint effectivement à la perfection et avec beaucoup d’humour la société de l’époque, nous présentant une vaste galerie de personnages, tous différents les uns des autres. J’ai pu regretter, parfois, de ne pas en savoir plus sur leurs intentions personnelles, l’auteure se concentrant sur l’héroïne. Les cent dernières pages furent les plus fortes en émotion ! Tout au long du roman, je m’attendais à ce qui allait se passer, et je me disais qu’un peu de suspense aurait parfois du bon. Et en effet, la fin nous apporte un léger rebondissement, qui a précipité ma lecture.

Pour conclure, je dirais que ce n’est probablement pas mon préféré de Jane Austen, mais que l’on retrouve ici la patte de l’écrivain, son style fin et amusant, sa facilité à dépeindre les émotions et les caractères. Je vais continuer mon exploration de ses œuvres, Northanger Abbey et Persuasion m’attendant dans ma PAL !

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5 réflexions sur “Emma — Jane Austen

  1. Je l’ai dans ma PAL depuis un moment mais je n’ai toujours pas trouvé le courage de l’y en sortir. Pourtant, j’avais adoré Orgueil et préjugés.

  2. J’ai beaucoup aimé cette lecture et j’avoue que Mr Knighthley est un de mes personnages préférés dans l’oeuvre de Jane Austen. Autant Emma peut parfois manquer de discernement, autant son ami heureusement a un peu plus de jugeote et beaucoup de sagesse et de tendresse envers elle. Mais je comprends ce que tu dis quand tu parles de certaines longueurs dans le livre… ^^
    Au plaisir de te lire !

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