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The Eyre Affair — Jasper Fforde

Meet Thursday Next, literary detective without equal, fear or boyfriend. There is another 1985, where London’s criminal gangs have moved into the lucrative literary market, and Thursday Next is on the trail of the new crime wave’s Mr Big. Acheron Hades has been kidnapping characters from works of fiction and holding them to ransom. Jane Eyre is gone. Missing. Thursday sets out to find a way into the book to repair the damage. But solving crimes against literature isn’t easy when you also have to find time to halt the Crimean War, persuade the man you love to marry you, and figure out who really wrote Shakespeare’s plays. Perhaps today isn’t going to be Thursday’s day. Join her on a truly breathtaking adventure, and find out for yourself. Fiction will never be the same again …

L’histoire est plutôt étonnante et inhabituelle dans mon paysage livresque. J’ai rarement eu contact avec des uchronies et encore moins avec des uchronies de ce type-là. Jasper Fforde crée un monde bien à part, mais tellement « réel » en même temps. On plonge avec Thursday Next dans un monde où la guerre entre la Russie et l’Angleterre dure depuis 1854, où le dodo est l’animal de compagnie par excellence et où la « police » n’a plus tout à fait le même visage. Effectivement, Miss Next est une LiteraTec au sein du « Special Operation Network ». Son travail consiste majoritairement à sauver les oeuvres littéraires, sans pour autant être sur le terrain … Enfin ça, c’est avant qu’Acheron Hades ne décide de passer à l’acte et de voler un manuscrit précieux. La vie relativement tranquille d’une ancienne vétéran trentenaire de la guerre de Crimée commence à éclater en morceaux. Et nous voilà transportés dans une aventure extraordinaire où il va falloir oublier tous nos repères usuels et accepter l’anormal.

Je ne sais pas par où commencer pour vous parler de ce bouquin. C’est une grosse claque, si l’on peut dire, ça chamboule pas mal de choses. Je vais donc faire dans l’ordre et parler de l’histoire en elle-même, au lieu de vous refaire encore un résumé. Le fait que le monde de 1985 ne soit pas le même que celui que l’on a connu m’a au début un peu perturbée, puis finalement, je m’y suis habituée et j’avais même l’impression de le vivre. Le contexte de guerre était une piste tout à fait intéressante et a été très bien exploitée tout au long du roman, que ce soit par l’intermédiaire de Thursday ou par un personnage comme le Colonel Phelps. Ça n’a jamais été relégué au second plan et j’ai trouvé ça plutôt positif. Même si on ne l’a pas vécu, les idées véhiculées par ce moyen — le fait que la guerre ne doive pas s’arrêter avant la victoire de l’Angleterre afin que les vies ne soient pas « perdues » par exemple — ont été on ne peut plus exactes. Ça a aussi permis de montrer l’action d’une grande entreprise d’armement — Goliath — sur la politique du pays. Les agents de Goliath peuvent s’infiltrer partout et ont la possibilité de prendre des décisions pour tout. J’ai vu dans ce roman une satire de la société actuelle comme de la société de l’époque. Autre thème du livre, la littérature, évidemment. Subtilement insérées, les références littéraires donnent lieu à des moments drôles — comme le rassemblement des « Milton » anglais —, des moments d’intense réflexion — qui a écrit les pièces de Shakespeare ? — ou tout simplement des moments de bonheur : j’ai eu l’impression ou plutôt l’envie de sauter dans mon édition de Jane Eyre ! Je trouve que l’auteur a ingénieusement alterné les scènes d’action, les scènes de réflexion littéraire et les scènes plus personnelles de la vie de Thursday, ce qui donne un roman complet et très bien ficelé. J’ai pu regretter parfois le manque d’explications, mais je me dis que les tomes suivants vont sûrement mettre en lumière des choses, des informations qui restent encore brumeuses pour moi. Jasper Fforde a toutefois fait un travail merveilleux de mise en contexte et de création d’un univers. Petit bémol — qui finalement n’en est pas vraiment un, vous verrez pourquoi — : on ne parle pas plus que ça de Jane Eyre, ce qui m’a plutôt étonnée.

Je vais maintenant parler des personnages, un des autres points forts de ce roman. Thursday Next semble plutôt fade au départ, alors qu’en fait, elle se révèle être une véritable battante, une femme moderne si l’on peut dire, avec ses soucis personnels, bien sûr, mais qui écoute plus sa conscience que le gouvernement. J’ai eu vraiment envie d’en savoir plus sur ce personnage, elle dégage une aura un peu particulière, c’est assez difficile à exprimer. Elle est attachante parce qu’il est aisé de s’identifier à elle et de comprendre ses réactions. Ce n’est pas une capricieuse, une fille artificielle. Elle n’est ni particulièrement jolie, ni particulièrement extraordinaire, elle a tout l’air d’être une femme normale et c’est ce qui m’a plu ; elle est authentique. Autre personnage que j’ai beaucoup aimé : son père. L’ex-ChronoGuard arrive toujours à des moments impromptus pour poser des questions totalement loufoques à sa fille. Il m’a vraiment fait rire, surtout vers la fin du roman, mais aussi au début, lorsqu’il demande à Thursday de dire à sa mère de ne pas peindre telle pièce en mauve. Acheron Hades, le méchant, est plus attirant que repoussant, en fait. C’est un méchant que je n’ai pas réussi à détester, bien au contraire. Je le vois comme un Arsène Lupin voleur de livres, très classe. Et en même temps, il est terriblement et horriblement cruel ; après tout, on est toujours attirés par ce genre de personnes, non ? Par contre, s’il y a bien un personnage particulièrement réussi au niveau de sa méchanceté, c’est Jack Schitt (Jack Maird en français). Le membre de Goliath Corporation n’est pas possiblement humain et je le déteste, je le déteste (comment ça je suis folle ? non non). L’oncle de Thursday, Mycroft (je n’ai pas pu m’empêcher de sourire lorsque j’ai vu comment il s’appelait) est aussi loufoque que le père, mais c’est un véritable génie. Je ne peux malheureusement pas faire l’énumération de tous les personnages du roman, mais  sachez que tous ont leur petit « truc ». Je vais juste parler encore un peu de certains personnages : Mr Rochester par exemple. J’ai adoré le voir sous cet aspect là (croyez-moi, c’est bien d’avoir lu Jane Eyre pour lire ce roman), j’ai eu l’impression de mieux le connaître, alors que finalement, dans le roman, il reste le même. J’ai aussi eu la sensation que Jasper Fforde se moquait un peu de Jane, la rendait un peu mièvre.

Je continue en vous parlant un peu du style et de la VO. J’ai beaucoup aimé la façon d’écrire de Fforde, même si j’ai eu un peu plus de mal qu’avec mes lectures VO précédentes ; les tournures ne sont pas complexes, mais il emploie des termes peu usités en général — d’après mon humble expérience. Le roman est à la première personne, ce qui nous rend encore plus proche de la détective ; j’ai vraiment eu l’impression d’être à côté d’elle quand tout se passait. Le petit plus du bouquin, ce sont les petits textes au début de chaque chapitre destinés à en apprendre un peu plus sur l’Angleterre de l’époque, sur les personnages ou sur les actions à venir. Certains passages ont été un peu obscurs — quand trop techniques — et j’ai du m’y reprendre à plusieurs fois, ce qui a rendu ma lecture un peu décousue.

Au final, ce fut une lecture très plaisante, qui me donne envie de lire la suite des aventures de Thursday et de découvrir plus à fond ce monde uchronique. J’ai été un peu déçue de ne pas en lire un peu plus sur Jane Eyre, mais la première grosse partie du roman est consacrée à la mise en place de l’univers et de la situation principale. Si j’ai parfois eu une impression de désordre, j’ai beaucoup aimé les épisodes qui semblaient ne pas avoir de lien direct avec l’histoire et au final tout se recoupe. La fin du roman est magistrale — je dirais le dernier tiers. J’ai été tenue en haleine jusqu’à la fin, je ne pouvais plus m’arrêter ! Bref, vous l’aurez compris, je conseille ce merveilleux roman à tous les adeptes de littérature et de mondes un peu … étranges !

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7 réflexions sur “The Eyre Affair — Jasper Fforde

  1. J’avais bien aimé aussi, le style est très particulier ! Ceci dit, je ne pense pas lire les autres tomes, quand on voit combien il y en a dans la série, ça me décourage lol !

  2. pour ma part, je n’ai pas aimé du tout. je l’ai trouvé long, lent et fade. les personnages non plus ne m’ont pas plu. Quant à l’écriture, elle ne m’a pas emportée. c’est dommage parce que l’idée de départ était vraiment chouette.

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