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Lolita – Vladimir Nabokov

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolores sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

On sait que Lolita, c’est le récit d’un homme qui aime les nymphettes, ces jeunes filles entre 9 et 14 ans, qui ne sont pas forcément belle, mais dégage ce quelque chose qui attire les hommes. On s’attend à quelque chose d’ignoble, une écriture crue, des mots qui font peur. Mais non. Le style est poétique, presque comme si l’auteur parlait d’autre chose que de pédophilie (quoique je ne sais pas si le terme est réellement approprié dans ce cas-ci), comme si il présentait un paysage magnifique. Le vocabulaire est très recherché, et il m’a fallu prendre le dictionnaire à plusieurs reprises. En globalité, le texte est abstrait : Humbert-Humbert rêve-t-il de ce qu’il voit ou ce qu’il voit relève-t-il de l’utopie ? Il est loin d’être objectif, et ce pour tout. Malgré les horreurs qu’il a commises, malgré l’horreur de ses pensées (que l’on devine malgré un style « léger »), on s’attache à lui. Je ne saurais pas comment décrire ceci, il faudrait lire le livre pour comprendre. De même que l’on s’attache à Lolita, et que l’on a en même temps envie de rejeter toute la faute sur elle. Il y a comme une inversion de rôles. Les scènes de lubricité n’ont pas toujours l’air d’en être.
Ce roman a été néanmoins dur à terminer. Il y a un certain décalage entre la première et la deuxième partie. La seconde a l’air tellement plus terre-à-terre que la première … Le problème a été que je n’ai pas réussi à avoir suffisamment de détachement par rapport à ce texte et donc, plus j’avançais, plus j’éprouvais des difficultés à le lire. De plus, parfois, on se perd dans les dates, je pense que l’auteur aussi. Je crois que le plus choquant a été d’apprendre que c’est une histoire vraie (comme expliqué dans l’avant-propos) et que l’homme qui a originellement rédigé ce texte était « Humbert-Humbert », que Lolita a existé.
Pour finir, je dirais que je conseille de le lire, du moins d’essayer, ne serait-ce que pour la façon d’écrire, que pour l’histoire en elle-même qui au fond, quelque part, est touchante, et ne me fait pas tant penser à de la pédophilie qu’à une passion dévorante.

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4 réflexions sur “Lolita – Vladimir Nabokov

  1. Certaines de mes amies l’ont lu et ont beaucoup apprécié.
    Honnêtement, je ne sais pas si je serai un jour capable de lire. Pour moi, ça parle bien de pédophilie. Une nymphette, à mes yeux, c’est une enfant, et donc, je trouve cela immoral.
    Tout ce que je sais, il me semble, c’est que dans ce roman, on a l’impression que c’est la jeune fille qui séduit l’homme et non pas l’homme qui désire la jeune fille ? Du moins, c’est ce dont je me souviens lorsqu’on en avait parlé en cours. Et je trouve cela assez atroce.. C’est comme si on rejetait la faute sur un enfant, à priori innocent et n’y connaissant rien au désir physique, et qu’on disait « c’est lui, c’est lui qui a voulu que je fasse ça, il le réclamait ».
    Je sors peut-être du contexte cela dit, comme je n’ai pas lu ce roman, je ne me sens pas non plus en droit de le juger en mal.
    Du coup, je le lirai peut-être, par curiosité et pour voir jusqu’où l’écriture peut réussir à convaincre ses lecteurs. Comme ça, je serai fixée sur ce que je dois dire ou non sur ce sujet ^^
    Bref, ta critique est intéressante, elle m’a interpellé parce que j’ai vraiment beaucoup d’amies qui ont pensé comme toi.

    • Je suis tout à fait d’accord avec ton commentaire. Il est vrai que Nabokov nous donne l’impression que c’est uniquement et entièrement de la faute de Lolita. Mais il ne faut pas oublier que le narrateur est Humbert Humbert et donc que sont point de vue est nécessairement biaisé – point de vue d’un pédophile qui ne l’admettrait pas. Je pense qu’il faut le lire pour se rendre bien compte de toute la dimension que donne Nabokov à cette histoire. Avec le recul, on comprend mieux certaines choses.

  2. J’ai dû le lire pour mon concours, et je n’ai pas pu le finir. Ce livre m’a donné la nausée, à tel point que je l’ai balancé dans un coin de dégoût et ne l’ai récupéré que pour m’en débarrasser.
    J’ai détesté ce personnage pathétique de pédophile lâche, et même si l’écriture de Nabokov est superbe, je n’ai pas pu dépasser mon dégoût et mon écoeurement.

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