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Madame Bovary – Gustave Flaubert

C’est l’histoire d’une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort. C’est l’histoire d’une province étroite, dévote et bourgeoise. C’est, aussi, l’histoire du roman français. Rien, dans ce tableau, n’avait de quoi choquer la société du Second Empire. Mais, inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie, le livre s’était donné une arme redoutable : le style. Pour ce vrai crime, Flaubert se retrouva en correctionnelle.

Aucun roman n’est innocent : celui-là moins qu’un autre. Lire Madame Bovary, au XXIème siècle, c’est affronter le scandale que représente une oeuvre aussi sincère qu’impérieuse. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s’empoisonne : c’est un livre offensif, corrosif, dont l’ironie outrage toute nos valeurs, et la littérature même, qui ne s’en est jamais vraiment remise.

Je me suis permise de laisser la 4ème de couverture en entier, car, pour ce roman, peu importe que l’on sache la fin avant le début. Ce qui importe dans la lecture, c’est de se rendre compte de la longue descente aux Enfers d’Emma. Avant de lire ce livre, j’avais de nombreux préjugés sur le style de Flaubert, sur le style global du XIXème siècle, avec ce romantisme, ce réalisme, ce naturalisme. J’ai donc commencé ma lecture sans être trop emballée, d’ailleurs, les premières pages ne sont pas forcément très alléchantes. Mais, avec force courage, j’ai poursuivi ma lecture. On apprend à connaître Charles Bovary, futur mari d’Emma, puis cette dernière, telle qu’elle est à l’origine, telle qu’elle a toujours été au fond. Ce portrait d’elle est le plus beau du livre. Flaubert la décrit physiquement avec les mots justes, de beaux mots puis, au fur et à mesure du roman, on a l’impression d’être dans sa tête. Pour tout vous dire, je déteste le personnage d’Emma : elle est naïve – du moins au début -, niaise quelque part, bornée – surtout quand ça ne peut que lui faire du mal, et surtout très égoïste. Et malgré ma haine pour elle, j’ai avancé dans l’oeuvre, m’y plaisant de plus en plus. Il y a certes quelques longueurs descriptives, mais ce n’est pas forcément désagréable, pas toujours. Le style flaubertien est très fluide, le vocabulaire est choisi.

Les autres personnages sont très représentatifs d’une société de l’époque. Les villageois, le pharmacien qui veut atteindre des sommets en politique, un commerçant odieux – qui nous montre bien que la société de consommation ne date pas que d’hier – et avide d’argent, la nouvelle bourgeoisie. Les thèmes le sont tout autant. L’amour, l’argent, l’ambition, le pouvoir, le mariage.

Pourquoi ai-je continué ma lecture ? Je me le suis demandée et je suis à même de répondre : on se reconnait en Emma, en tant que femme surtout, et en Charles, en tant qu’homme. Un divorce impossible, un attachement profond qui disparaît sous l’envie d’aventure, la lassitude qui suit le mariage, le train-train quotidien … Plus que jamais, Madame Bovary est le symbole à la fois du XIXème siècle, mais surtout est un oeil ouvert sur notre société actuelle.

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