Harry Potter Film Wizardry — Brian Sibley

Les éditions Harper Design, pour la version rouge, et Bantam Press, pour la version bleue (celle que je possède), ont sorti en 2010 Harry Potter Film Wizardry, un magnifique livre illustré de 160 pages sur l’univers magique du sorcier avec lequel beaucoup d’entre nous ont grandi. J’ai tourné les pages de papier glacé les unes après les autres, étant un peu plus enchantée et émerveillée à chaque fois que j’apprenais quelque chose de nouveau sur la façon dont les films ont été tournés ou encore sur les relations qu’ont entretenus les acteurs pendant cette aventure. Cet ouvrage est riche en anecdotes et informations de toute sorte et, bien plus qu’un simple document sur la saga, il nous montre toutes les ficelles du cinéma : effets spéciaux, décors, jeu des acteurs, fabrication des objets les plus emblématiques du monde magique, costumes, etc. Les images sont superbes et nous découvrons au détour d’une page une carte du maraudeur, un catalogue de chez Barjow et Beurk, le programme de la coupe du monde de Quidditch, et j’en passe.

Il est évidemment difficile de faire une critique de ce genre de livre, alors je me contenterai de quelques commentaires très personnels. Je suis une grande fan de l’univers créé par J.K. Rowling et bien que certains aspects des films m’aient dérangée — notamment lorsque les réalisateurs ont été obligés de sauter des passages à mon sens importants dans les romans —, je suis toujours ravie de « voir » la magie. Faire travailler son imagination à la lecture d’un roman n’a jamais été mon fort, j’ai toujours eu du mal à recréer ces mondes en pensée, alors je prends énormément de plaisir à visionner les films, qui me permettent de m’évader, qui me font oublier un instant la terrible banalité du quotidien. J’avais un peu peur de voir tout ceci décortiquer, mais finalement, je suis plutôt heureuse d’avoir eu une vue de l’intérieur quant à la réalisation. Nous avons ici des témoignages des réalisateurs et des producteurs quant au choix des scènes à couper, des scènes à garder et de la façon dont on les adapterait à l’écran. J’ai trouvé les justifications plutôt solides ; le film ne s’attache pas à reproduire ce qu’on a lu dans le roman, mais à donner une autre vision du roman en se focalisant plus sur l’histoire personnelle d’Harry que sur les intrigues secondaires.

Le point fort de cet ouvrage est sa qualité esthétique immanquable. Les photos sont sublimes, la présentation l’est tout autant et le fait de pouvoir avoir entre les mains une invitation au bal ou le catalogue de la boutique des Weasley n’a pas de prix. Les textes sont soignés et nous expliquent de manière très pédagogique toutes les étapes de la réalisation des films. Pour chaque année, l’auteur a choisi quelques événements marquants — la partie d’échec pour la première année, le tournoi des Trois Sorciers pour la cinquième, etc — et s’attache à nous expliquer quels ont été les procédés utilisés pour avoir ce rendu final. Ce qui m’a peut-être le plus « intéressée », c’est l’avis des acteurs sur leurs personnages, leur sentiment vis-à-vis de ceux qu’ils ont incarné dans les films. Au travers de leurs paroles, on a aussi l’impression qu’ils formaient plus une grande famille qu’une équipe de travail.

Je ne me suis pas ennuyée un seul instant et lorsque je me suis plongée dans ces pages, il m’a été difficile d’en sortir. Car même si l’on se rend compte que toute la magie que l’on voit à l’écran n’est en fait qu’un fond vert, on découvre aussi que costumes, décors et objets en tout genre participent à la création d’une atmosphère littéralement « magique ». Harry Potter n’est pas qu’une suite d’effets spéciaux, c’est aussi tout un travail artisanal et c’est peut-être cet aspect qui est le plus impressionnant dans le livre : comment des hommes ont-ils pu fabriquer tant de merveilles, de la Gazette du Sorcier au design du Nimbus 2000 en passant par Pré-au-Lard, qui a été entièrement recréé en miniature ? Des heures et des heures de travail et de passion.

Une partie du livre sur le Chemin de Traverse. Les pages se déplient, donc je n’ai pas pu prendre en photo la totalité. J’ai beaucoup aimé le « schéma » qui représente la disposition des différentes boutiques sur la fameuse allée.

Une double-page sublime sur le bal de la quatrième année, avec l’invitation sur la page de droite.

Aaaaaaaah ! Le Magicobus et Sirius Black, peut-être deux choses qui m’ont particulièrement marquée dans la saga Harry Potter. Je ne vous dirai pas comment ils ont fait pour créer un bus à trois étages, mais croyez-moi, c’est plutôt étonnant …

Je ne peux que vous conseiller de vous procurer Harry Potter Film Wizardry, si vous êtes vraiment fan de la saga et de tout ce qui l’entoure, afin de faire perdurer encore, l’espace d’un instant, la magie de ce monde dont on a tant rêvé, mais aussi afin de vous cultiver sur le plan purement technique (cinématographique). Les textes sont tantôt drôles tantôt instructifs, les images sont magnifiques et c’est avec regret que l’on tourne la dernière page ; la deuxième partie des Reliques de la mort ne figure pas dans le livre, sorti en 2010.

Book Chat (2) : Desert Island Books

« Book Chat » est un rendez-vous lancé par Misty du blog The Book Rat.

Le mois dernier, j’ai loupé ce rendez-vous, pour la simple et bonne raison que je manquais de temps et d’inspiration à ce moment-là. C’est avec joie que j’ai découvert le thème de ce mois-ci, à savoir les livres que l’on prendrait avec nous si nous venions à nous retrouver sur une île déserte. Pour des raisons évidentes, Misty a fixé quelques règles. Il s’agit de choisir un livre dans chacune des 5 catégories suivantes (limitant donc le nombre d’ouvrages à 5) : un livre qu’on a lu et que l’on serait prêt à relire, un livre que l’on a jamais lu, un livre d’enfance, une série ou un livre qu’on nous a recommandé et enfin un livre au choix. Ça n’a pas été facile de sélectionner un si petit nombre de livres, mais je me lance tout de même.

1. Un livre déjà lu que je souhaiterais relire : Jane Eyre, Charlotte Brontë. Il a été on ne peut plus difficile de faire un choix, sachant qu’il y a énormément de livres que j’aimerais relire. Toutefois, si j’ai sélectionné Jane Eyre, c’est parce qu’on peut dire qu’il m’a marquée. Le côté sombre et complexe de cette histoire d’amour m’a séduite. Je me suis sentie proche de cette héroïne simple et pourtant pleine de caractère. J’ai aussi envie de le relire pour faire plus attention au style de l’auteure, pour en retirer la substantifique moelle. Cette lecture fut un plaisir et je suis pressée de renouveler l’expérience.

2. Un livre que je n’ai jamais lu : Les Piliers de la Terre, Ken Follett. Cela fait maintenant plusieurs années qu’il traîne dans ma PAL et je ne l’ai toujours pas lu alors que j’en meure d’envie. De plus, même mon père l’a apprécié, donc je pense que ça ne peut que me plaire. Un bon pavé qui m’occupera ! Le temps des cathédrales m’intéresse tout particulièrement et je trouve qu’en apprendre plus au travers d’un roman a un côté plus agréable que par un livre d’histoire très froid et scolaire.

3. Un livre d’enfance : Sacrées sorcières, Roald Dahl. Même si je ne l’ai lu qu’une seule fois, l’histoire m’a trotté dans la tête un long moment et aujourd’hui encore, j’en garde un excellent souvenir — comme pour la plupart des romans de Roald Dahl. Si je pouvais triché, je dirais que je mets au même niveau Oh, boy ! de Marie-Aude Murail, que j’ai lu bien plus d’une fois et qui est un bijou de la littérature jeunesse.

4. Une série / Un livre que l’on vous a recommandé : A Song of Ice and Fire, George R.R. Martin. C’est à la fois une série et à la fois une œuvre que l’on me recommande. Disons plutôt que j’ai vu des commentaires on ne peut plus positifs sur le net et que je suis de plus en plus attirée par la medieval fantasy. Cette série semble avoir toutes les qualités requises pour me plaire et ce serait vraiment quelque chose que j’emporterais avec moi. Mis à part ça, l’autre série que je souhaiterais emporter d’office avec moi : Fruits Basket de Natsuki Takaya. Ça a bercé mon enfance et je pourrais la relire des milliers de fois en aimant tout autant.

5. Un livre au choix : The complete novels and stories of Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle. D’accord, j’ai l’intégrale en deux volumes, mais imaginons un instant qu’il n’y en ait qu’un ! Je n’ai pas encore tout lu et je crois que sur une île déserte, j’aurais largement le temps. Si on pouvait mettre dans le même livre tous les romans d’Agatha Christie, je serais une fille comblée. C’est vraiment le genre de choses que j’adore lire, pour me détendre et passer un bon moment tout en me creusant un peu les méninges.

Voici pour ma liste. N’hésitez pas à faire part de vos « Desert Island Books » sur votre blog et laissez un lien en-dessous, comme ça, je pourrais faire une liste de tous ceux qui ont participé !

La ligue des gentlemen extraordinaires, vol. 1 — Alan Moore & Kevin O’Neill

Éditeur : Panini Comics
Date : 2009 (originale : de 1999 à 2003)
Pages : 120 (selon Amazon, mais il me semble qu’il y en a plus que ça)

Londres, 1898. L’ère victorienne vit ses dernières années. Le XXème siècle se profile. L’heure est aux grands bouleversements et à la stagnation, à l’ordre chaste et à l’ignoble chaos. On a plus que jamais besoin de champions.

Allan Quatermain, le capitaine Nemo, Hawley Griffin, le Dr Henry Jekyll, Edward Hyde et Mina Murray sont ces champions. Ensemble, ils constituent la Ligue des Gentlemen Extraordinaires.

Recrutés par l’énigmatique Campion Bond, aux ordres de « M », l’homme mystère, nos six justiciers sont au service de leur empire qui ne peut se passer d’eux. Ils vont devoir affronter le terrible Docteur et ses plans de conquête mondiale. Mais les choses ne sont pas exactement ce qu’elles semblent être. De nombreux facteurs inconnus sont en jeu. Et l’incroyable drame se noue …

Les œuvres d’Alan Moore sont connues : From Hell, V pour Vendetta ou encore Watchmen, l’auteur nous plonge à chaque fois dans des univers sombres où le mal et le vice règnent, ses héros ont plutôt l’air d’être des anti-héros et les histoires qu’il nous raconte font réfléchir. À chaque fois, le dessinateur n’est pas le même, ce qui crée des atmosphères fort différentes et donne à chaque bande dessinée sa particularité. Ici, Alan Moore s’est allié avec Kevin O’Neill, dessinateur anglais.

Il n’est pas évident de faire une chronique sur une bande dessinée sans trop en révéler et gâcher le suspense. De fait, je compte me concentrer sur les aspects les plus neutres et laisser une petite surprise à ceux qui souhaiteront la lire. Il s’agit ici du premier volume, tiré d’un coffret de deux volumes. Il me semble que chacun peut se lire indépendamment de l’autre, toutefois, pour une meilleure compréhension, je suggère de les lire dans l’ordre. Ce tome-ci introduit les personnages et les met en scène dans une première enquête / aventure. La Ligue est composé de Mina Murray — dont le nom d’épouse était Harker —, d’Allan Quatermain, aventurier colonial, du capitaine Nemo accompagné par son célèbre Nautilus, du Docteur Jekyll et de Mister Hyde et d’Hawley Griffin. Difficile de s’allier quand on ne se connaît pas et que tout nous oppose. Mais Londres est menacée et il faut agir rapidement. Ensemble, ils vont devoir déjouer un complot machiavélique et tenter de sauver la ville de la destruction, se soumettant aux ordres de Campion Bond, lui-même sous-fifre de M. M, mystérieux inconnu qui tire toutes les ficelles.

Ce qui frappe le plus dans cette bande dessinée, c’est le nombre phénoménal de références et de recoupements. Des personnages d’œuvres totalement indépendantes se retrouvent réunis ici pour mener l’enquête : c’est avant tout ce qui m’a donné envie de me plonger dans l’aventure avec eux. Comme c’est une BD, évidemment, les caractères ne peuvent être développés de façon exhaustive. Toutefois, chacun a eu sa place à un moment ou à un autre, il n’y en a pas un qui domine et efface ses acolytes. Mina, étant la seule femme, fait preuve d’une force de caractère et d’un sang-froid à toute épreuve ; Allan Quatermain, perdu dans l’opium et vivant comme un miséreux au Caire, se remet vite sur pied et malgré son âge, retrouve de sa vigueur et de sa gouaille ; le capitaine Nemo est peut-être le plus mystérieux de tous, celui dont on ne sait pas grand chose ; Docteur Jekyll est calme et effacé et son Hyde est violent et adopte un langage des plus fleuris … Enfin Hawley Griffin est le plus exaspérant de tous : frimeur, trop franc dans ses propos et agissant trop souvent seul, il est tout de même un allié important et en devient presque attachant. Difficile de dire lequel m’a le plus charmée. J’ai une grande admiration pour Mina, mais Quatermain me fait bien rire, se plaignant de devoir se soumettre aux ordres de cette « harpie ».

Quant à l’histoire en elle-même, je l’ai trouvée très bien ficelée, très bien mise en scène. On part aux quatre coins du monde, on en apprend chaque fois un peu plus et le tout se goupille parfaitement. Je n’ai pas eu la sensation d’être perdue, malgré la complexité de certains propos, et j’ai été happée dans l’univers, si bien que je l’ai lue d’un trait. Le style est agréable, quoique j’aimerais en avoir un aperçu en version originale ; il me semble y avoir quelques couacs dans la traduction à certains endroits — et comme Alan Moore est à proprement parler un « écrivain », et bien il serait judicieux de voir ce que ça peut donner dans la langue de Shakespeare. Les dessins sont parfaitement adaptés à la nature de cette œuvre. Couleurs superbes, traits fins et précis … C’est un style que j’aime énormément. Il y a pas mal d’humour dans cette BD et malgré les décors parfois sombres du Londres victorien, on y voit quand même plus clair que dans From Hell ou V pour Vendetta.

Alan Moore est un scénariste de génie et les dessins de Kevin O’Neill accompagnent son idée à la perfection. Je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans les aventures de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires : à tous ceux qui aiment les anti-héros, les histoires sombres et le mystère, foncez !

SWAP Sherlock Holmes

Je suis une très mauvaise élève. Si mauvaise que je n’avais fait aucun article pour présenter ce SWAP, honte sur moi. Organisé par Avalon, c’était l’occasion pour moi de me plonger plus avant dans l’univers de Sherlock Holmes et je dois dire que je suis ravie d’y participer — je le mets au présent car, si je viens de recevoir mon colis, le mien n’a pas encore été envoyé (mais le sera très prochainement). Si vous voulez un coup d’œil sur les règles du SWAP, je vous conseille d’aller sur Livraddict. Comme je le disais, je viens tout juste de recevoir mon colis et c’est avec une grande excitation que je l’ai ouvert et que j’ai découvert tous ces paquets, tous plus extraordinaires les uns que les autres. Je suis comblée, on peut dire que Pops a tapé juste !

Comme Pops l’a elle-même dit dans sa carte, elle s’est amusée à jouer au Tétris pour tout faire entrer dans le colis, ce que j’ai trouvé plutôt amusant ! Tout tient parfaitement et rien n’a été abîmé. Je déballe donc les paquets un à un, tentant de comprendre comment elle est parvenue à tout caser … Tu as mon admiration totale.

J’adore les paquets. J’adore ouvrir les paquets et là, j’ai été gâtée, on peut le dire. La carte m’a beaucoup plue, je trouve l’idée absolument géniale ! Surtout que si Sherlock et moi avons un point commun — on parle du Sherlock des temps modernes —, c’est son addiction pour les textos. Comme Pops me l’a recommandé, j’ai ouvert les paquets dans l’ordre.

Paquet n°1 : Sherlock Holmes et le mystère du Haut-Koenigsbourg, Jacques Fortier. Ça m’a arraché un petit sourire. Habitant en Alsace, dès que je me rends à la librairie, je le vois dans les rayons. Je me suis toujours demandée ce que ça pouvait donner. Je suis pressée de le lire pour assouvir ma curiosité. Mais apparemment, il faut que j’aie lu le canon avant … Je vais avoir du travail, je vous le dis ! Ayant visité le Haut-Koenigsbourg, je sens que ça va être plus aisé de m’y projeter
Paquet n°2 : Du thé ! Depuis peu, je pars à la découverte du thé, j’essaie de m’y mettre. Je n’avais jamais bu d’Earl Grey ou plus généralement de thé à la bergamote. Je vais tester dès aujourd’hui !
Paquet n°3 : De la nourriture — la nourriture et moi ne sont qu’une seule et même personne. Je remercie Pops de m’avoir envoyé ces Babeluttes du Nord, spécialité de sa région. Je ne connais absolument pas et ça m’intrigue beaucoup … Pareil, la boîte va être ouverte rapidement — dans la journée en fait.
Paquet n°4 : Marques-page … Fantastique. Les mots me manquent. Je ne sais pas comment elle a fait, comment elle a eu l’idée, mais c’est … Génialissime.
Paquet n°5 : Histoires secrètes de Sherlock Holmes, René Reouven. 1132 pages sur Sherlock Holmes … J’ai de quoi faire ! Mais il faut que je lise le canon avant, encore une fois. En lisant le 4ème de couverture, je réalise que ça va forcément me plaire.
Paquet n°6 : La surprise finale, le DVD Sherlock Holmes de Guy Ritchie. Je ne l’ai jamais vu et j’ai eu beau demander à une amie de me le prêter, elle oubliait à chaque fois ! Du coup, je vais ENFIN pouvoir le voir, alléluia. Comme le dit Pops, les avis sont mitigés, mais je pense que ça me plaira pour la simple et bonne raison que je n’ai pas encore lu le canon, que j’aime bien un bon blockbuster de temps en temps et que Robert Downey Jr est un acteur que j’apprécie. Je pense que je posterai mon avis dès que je l’aurais regardé !

Pour le plaisir, j’ajoute une photo qui fait la démonstration de l’utilisation de ces marques-page dont je suis fan, fan, fan. Je vous laisse là-dessus et en remerciant encore une fois (encore 20 000 fois) Pops pour son merveilleux colis. Ça va être difficile de faire aussi bien ! Je remercie aussi Avalon d’avoir organisé ce SWAP et je suis pressée de voir ce que tout le monde a reçu !

Broderies — Marjane Satrapi

Édition : L’association
Date : 2003
Pages : 136

Connue pour le célèbre Persepolis, Marjane Satrapi n’a pas écrit qu’une seule bande dessinée. J’avais déjà lu Broderies il y a quelque temps de cela, mais j’ai décidé, par le plus grand des hasards, de le relire. Il est très difficile de faire un résumé de l’histoire, car c’est en réalité un condensé d’histoire. La grand-mère de Marjane a réuni quelques amies, sa fille et sa petite fille pour prendre le thé. L’action se situe à Téhéran et ce thé est l’occasion de bien des révélations, des révélations de femme dans l’Iran d’hier et d’aujourd’hui. Amour, divorce, mariage, virginité : tout est passé au crible de la façon la plus naturelle qui soit. On se rend compte qu’en 3 générations, certaines choses ont changé … Et d’autres sont restées les mêmes. Le combat de ces femmes pour la liberté sexuelle « à l’occidentale », pour avoir le choix de se marier avec la personne qu’elle souhaite, contre ce culte de la virginité n’est pas achevé. Les familles d’aristocrates demeurent à cheval sur ces principes et si certaines osent s’émanciper, d’autres sont contraintes au mariage, avec des hommes qu’elles ne connaissent pas et qui peuvent s’avérer peu scrupuleux. Broderie, c’est le nom que l’on donne à l’opération qui permet de reconstituer l’hymen, c’est-à-dire de retrouver sa virginité. Avec beaucoup d’humour et un trait caractéristique, Marjane Satrapi prend le problème à bras-le-corps. Le langage est parfois cru, sa grand-mère ne se gêne pas pour dire ce qu’elle pense. De manière finalement très simple, l’auteure aborde des problèmes profonds car liés aux traditions. Cette petite BD très bien faite, amusante et en même temps effrayante, est un véritable plaisir à lire et me donne envie de découvrir d’autres œuvres de Marjane Satrapi, notamment Persepolis que je n’ai toujours pas lu.